Conférence

Les Vikings :
mythe et réalité

par Patrick Guelpa

jeudi 24 juin à 20h30
salle polyvalente de Chamalières

Les connaissances que nous avons de ces Norômenn ou "hommes du Nord", ont bien évolué depuis des décennies. Nous n'en sommes plus aux images passées les qualifiant de "brutes sauvages, sanguinaires et salaces" ou au contraire de "fiers guerriers héroïques". Nous découvrons, malgré les chocs assez rudes du début, une civilisation différente, issue d'un paganisme très religieux, raffinée, dotée d'un sens du commerce et de l'organisation politique, douée dans les arts et les techniques.

Avant la conférence,
Hanne Kjersti Yndestad,
venue avec François Monnet, nous interpréta une chanson tradtitionnelle norvégienne.

 
Patrick Guelpa nous fit remonter au huitième siècle et nous décrit la période dite viking qui s’étend de l’an 793, date du premier raid en Angleterre, à l’an 1066, qui voit la montée sur le trône d’Angleterre de Guillaume le Conquérant, duc de Normandie d’origine viking.

L'origine du nom viking est incertaine. Peut-être de vík, signifiant baie ou crique, et du suffixe ing, signifiant « originaire de ». Une autre étymologie ferait dériver la racine du latin vicus (village), pouvant désigner un port de commerce.  

Le conférencier commença par casser certains mythes concernant les vikings, mythes qui ont la vie dure !

Premier mythe : les casques à corne.
Les Vikings n'en ont jamais porté, sauf dans
l'imagination des Romantiques du XIXe siècle.

Deuxième mythe : le mot drakkar,

par lequel les Français désignent les bateaux vikings (ce qui signifierait dragons), et qui n’existe dans aucune langue scandinave, aurait été inventé en 1840,  en pleine époque romantique, par allusion au dragon de la proue. Il existait, en gros, deux sortes de bateaux : les knörs, de fort tonnage, adaptés au commerce et à la haute mer, et les langskips (« longs bateaux »), plus effilés et à faible tirant d’eau, adaptés aux opérations de pillage autant près des côtes que sur les fleuves.

Un petit arrêt sur Erik le Rouge : Norvégien, parti d’Islande à la suite d’un bannissement de trois ans, il découvre une nouvelle terre plus à l’ouest. Désireux d’y installer une colonie, il a le génie de la baptiser « Terre-Verte » (Groenland dans sa langue) de façon à susciter l’enthousiasme des éleveurs en recherche de nouveaux pâturages. Son fils poursuivant plus à l'ouest, fut en fait le premier découvreur de l'Amérique.

Et bien sûr, le verre de l'amitié
avec quelques toasts scandinaves.

 

Le conférencier : Patrick Guelpa

est maître de conférences à l'Université de Lille. Il est l'auteur de Dieux et mythes nordiques, édité aux Editions Universitaires du Septentrion Lille (nouvelle édition novembre 2009). Il a été l'élève du professeur Régis Boyer, Professeur émérite de langues, littératures et civilisations scandinaves à l'Université de Paris IV Sorbonne.