Groupe de lecture de l'Emblavez : printemps 2013
Le printemps ? ... Il fallait bien regarder le calendrier pour s'assurer qu'on était effectivement sorti de l'hiver. Mais cela n'a pas empéché le groupe de partager le traditionnel repas, en discutant de la sélection des romans du prix des "lectrices de Elle". Les représentants de la gente masculine du groupe, en nette minorité, ne se sont pas offusqués de la connotation féministe du prix, toutes et tous ont promis de lire d'ici fin jhuin, le maximum des huit livres retenus, que l'on présente ici.
Belle Famille
d'Arthur Dreyfus

(Gallimard)
«Madec se dirigea vers la cuisine pour chercher un couteau à pointe fine. Comme s'il était surveillé, il s'interdit la lumière. L'obscurité ne faisait pas disparaître les formes, mais les couleurs. Est-ce ainsi que voyaient les gens dans les vieux films ? L'enfant ouvrit le tiroir à ustensiles.» Ensuite un peu de bruit, et beaucoup de silence.
Une seconde vie
de Dermot Bolger

(Joëlle Losfeld)
Sean Blake réchappe de justesse à un accident de voiture. À son réveil, bouleversé, Sean perçoit le monde tout à fait différemment, comme s'il débutait une nouvelle existence. Mais ce n'est pas la première fois que Sean voit sa vie modifiée. À six semaines, il a été retiré à sa mère, une jeune fille forcée par la société et l'Église de le laisser à l'adoption. Dermot Bolger nous entraîne dans cette histoire de ces adolescentes irlandaises rompues et humiliées, dont le malheur se répercuta sur les générations futures.
Avenue des Géants
de Marc Dugain

(Gallimard)
Al Kenner serait un adolescent ordinaire s'il ne mesurait pas près de 2,20 mètres et si son QI n'était pas supérieur à celui d'Einstein. Sa vie bascule le jour de l'assassinat de Kennedy. Désormais, il mène seul un combat désespéré contre le mal qui l'habite. Récit du cheminement intérieur d'un tueur, ce livre est aussi un hymne aux grands espaces, aux mouvements hippies, dans cette Amérique des sixties où le pacifisme s'illusionne dans les décombres de la guerre du Vietnam.
La réparation
de Colombe Qchneck

(Grasset)
« Je me suis d'abord trompée. Je me disais tu crois qu'une fille comme toi peut écrire sur la Shoah ? Car c'est bien de cela qu'il s'agit. La petite Salomé, mon arrière grand-mère, mes oncles et tantes, mes cousins, vivaient en Lituanie avant la guerre. Ils appartenaient à une communauté dont il ne reste rien. »
Que s'est-il vraiment passé dans le ghetto de Kovno en 1943 ? Dans ce roman-vrai, Colombe Schneck fouille les mémoires. Jusqu'à la découverte d'une vérité bouleversante.
Certaines n'avaient
jamais vu la mer

de Julie Otsuka

(Phébus)
En 1919 un bateau quitte l'Empire du Levant avec des dizaines de jeunes femmes promises à des Japonais travaillant aux États-Unis, toutes mariées par procuration. Après une éprouvante traversée de l'Océan, elles rencontrent pour la première fois à San Francisco leurs futurs maris. Celui pour lequel elles ont tout abandonné et qui va tant les décevoir. Elles racontent leurs misérables vies d'exilées... jusqu'à la guerre et la détention dans les camps.
L'Embellie
d'Audur Olafsdottir

(Zulma)
En ce ténébreux mois de novembre islandais, la narratrice voit son mari la quitter sans préavis et sa meilleure amie, Audur, lui demander de s’occuper de son fils de cinq ans. Pourtant la chance lui sourit : elle gagne un chalet d’été et une petite fortune au loto. Incapable de refuser quoi que ce soit à qui que ce soit, elle fera le tour de son île avec le fils d’Audur, étrange petit bonhomme.
Vrai bain de jouvence littéraire, les romans de cette auteure islandaise ressemblent à la vie.
Le monde à l'endroit
de Ron Rash

(Seuil)
Un jour de pêche à la truite, le hasard offre à Travis Shelton, un jeune de 17 ans, l’occasion de commettre la bêtise qui va sans doute changer le cours de sa vie : il tombe sur une plantation clandestine de chanvre indien. Mais cet été-là réservera d'autres surprises à Travis : idécouvrira les lourds secrets qui pèsent sur la communauté de Shelton Laurel depuis un massacre perpétré pendant la Guerre de Sécession, et se trouvera confronté aux doutes engendrés par le passé.
Arrive un vagabond
de Robert Goolrick

(Anne Carrière)
Au cours de l'été 1948 Charlie Beale arriva à Brownsburg et s'éprit de cette ville paisible de Virginie dont les habitants semblaient vivre dignement, dans la crainte supportable d'un Dieu qu'ils avaient toutes les raisons de trouver plutôt bienveillant à leur égard. Une preuve parmi d'autres : il n'y avait encore jamais eu de crime à Brownsburg. Charlie tomba encore amoureux; le jour où il rencontra Sylvan Glass. Robert Goolrick nous offre ici une plongée sensuelle et enivrante au coeur de la passion.