Mercredi 21 janvier 2015
15h30 – Médiathèque de Vorey
Les « bagnardes » de Cayenne
Rencontre autour du livre
« La dernière bagnarde »
de Bernadette Pécassou-Camebrac
Grâce à Lylyette et Monique
Par ce temps très froid, nombreuses et nombreux étaient venus se réchauffer avec un chocolat, un café ou un thé, ... d'autant plus nombreux que Lylyette était accopagnée par quelques uns et quelques unes de ses pensionnaires de la maison de retraite de Beaulieu.
Marie BARTETE est la dernière femme morte au bagne de Guyane dans les années 30 après y avoir passé un demi siècle. Orpheline à 9 ans, mariée à 15, elle est veuve à l’âge de 20 ans condamnée à la prison pour vol elle est envoyée au bagne pour « conduite et moralité détestable »
En lisant des extraits du livre de Bernadette Pécassou, Monique nous raconta la traversée jusqu'au bagne de Saint-Laurent-du-Maroni, avec son amie Louise et la soeur Agnès, puis son séjour au bagne, son mariage forcé avec un bagnard, afin de peupler la colonie, mari qui s'empressa de la prostituer.
Partie avec l'espoir de vivre dans un petit paradis, elle découvrit un terriroire inhospitalier, doté d'un climat très chaud et très humide, et y vécut dans la soufrance physique et morale pendant un demi-siècle.
Lylyette a vécu 20 ans en Guyanne. Elle expliqua le fonctionnement du bagne, conçu pour ne pas construire d'autres prisons en métropole et repeupler la colonie. Elles furent 2000 envoyées en « relégation », pour la plupart pauvres et illettrées, souvent orphelines, ayant comis de petits délits à répétition, même si on comptait aussi des assassins et infanticides.
Les hommes (environ 200 000) étaient condamnés à la « double peine » : une fois leur condamnation effectuée, ils devaient rester en Guyane pour une durée égale pour une peine de moins de 8 ans ou jusqu'à leur mort.
Lors d'un reportage en Guyane, le célèbre journaliste Albert Londres dénonça le caractère inhumain et dégradant de cette détention, les viols, la prostitution des bagnardes, etc.
Rappelons que ce n'est qu'au lendemain de la dernière guerre que les derniers bagnards feurent rappatriés à Marseille
Mais Lylyette nous parla de ce très beau pays, nous encourageant à le visiter malgré son climat, ses serpents, scorpions et autres hôtes peu sympathiques.