Du 9 au 30 juin 2011

Exposition
Tomi Ungerer

 

Le 9 juin à 20h30

Soirée
Tomi Ungerer

La vie et l'œuvre de l'artiste
- Lectures - Kouglofs

 

« j'ai toujours eu besoin de faire
le garnement. J'héberge en moi des
petits diables qui me tisonnent.»

Tomi Ungerer fête ses 80 ans. Nous voulions rendre hommage à cet artiste exceptionnel qui a ému des générations de lecteurs. En effet qui ne connait pas Le Géant de Zéralda, Les Trois brigands ou Otto ? Mais si son travail destiné à la jeunesse est très connu, son œuvre pour adultes ne parle qu'à quelques passionnés.

Maryvonne Tomé (du secteur jeunesse de la BDHL) revient d'Alsace où elle a visité dans le détail le musée dédié à l'artiste ; elle est venue nous parler de ce géant de la littérature de jeunesse, celui qui a bouleversé les codes de l'image dans l'album, celui qui dénonce et qui s'engage, celui qui se moque des adultes et des puissants, celui qui aime les gens, les petits, les délaissés, les marginaux. Bref celui qui n'en fait qu'à sa tête ! ...


Le 9 juin, nombreux étaient venus écouter Maryvonne Tomé pour découvrie l'ami Tomi.

Maryvonne, avec Babeth, illustre ses propos
avec exemples choisis dans les livres de Tomi.

  Tomi de A à Z
L'exercice était périlleux, tenter de résumer la vie de l'artiste en 1h30. Maryvonne Tomé, bibliothécaire à la Bibliothèque Départementale de Haute-Loire a relevé le défi avec brio. Elle nous a guidé dans le dédale d'une œuvre atypique à la rencontre d'un géant de l'illustration et d'un amoureux du langage. Il est tout à la fois Tomi Ungerer, tout et son contraire, alsacien, c'est sûr, mais aussi européen et citoyen du monde.
« Moi, je suis alsacien. Pleinement.
Je me déplace avec ma géologie personnelle.
Je suis un peu une tortue
qui aurait sa carapace à Strasbourg
et qui y reviendrait de temps en temps.
 »
Antimilitariste, avec l'Alsace déchirée, prise ou rendue au fil de la Grande Histoire, Tomi s'est forgé une âme de rebelle, il est résolument du côté des plus faibles et méprise la guerre et son chapelet d'injustices et d'absurdités.
Bibliophile, à l'image d'une mère conteuse et d'un père propriétaire d'une bibliothèque riche de milliers d'ouvrages, un univers que Tomi, enfant puis adolescent a exploré avec passion. Il aimera Babar de Jean de Brunhoff, Gédéon de Benjamin Rabier, Tintin de Hergé, Gustave Doré, Jules Verne, Wilhelm Bush et d'autres qui seront ses inspirateurs.

 

 



Toutes et tous plongent dans les livres qui circulent
« Un livre est une présence, ici, là,
sous la main, une question de sensualité,
il y en a qui sont de vieux amis fidèles. »
Collectionneur insatiable, à deux reprises il a fait don aux Musées de Strasbourg d'une prodigieuse collection de jouets et d'automates de toute sortes.

Dessinateur acharné. il a conservé des dessins touchants de sa petite enfance, un Mickey, dessiné à l'âge de quatre ans et qui annonce son intérêt pour les cartoons américains.

« Il faut que je me force à travailler ;
les choses n'arrivent pas si
facilement que cela en a l'air.
Même si je produis quelque fois
en un seul jour 200 dessins,
c'est parce que je me suis acharné
pendant six mois à faire des esquisses. »
Gastronome, en gourmet et gourmand Tomi Ungerer côtoie les ogres, comme eux il aime les plaisirs de la table, les repas entre amis. Dans ses albums on mange et on trinque. Il y a quelque chose de rabelaisien dans son travail. Épicurien et jouisseur sans complexe notre bonhomme.
« Que les jambons volent.
Que les carottes galopent.
Que les sardines patinent.
La choucroute glougloute.
Les aspics piquent.
Les poissons polissonnent.
Les pastèques s'écrabouillent
Hm, hm, hm, hm, hm, hm, hm
J'ai une faim d'ogre ! »
Lauréat de nombreux prix, Tomi a été récompensé à maintes reprises ; il a reçu le prix Andersen, l'équivalent du prix Nobel dans la littérature de jeunesse, la légion d'honneur et de nombreux prix littéraires.
Pour ma part je lui donnerai volontiers la médaille du plus grand garnement mais aussi celle du plus grand bricoleur, du plus grand explorateur, du plus grand humoriste ...
« Je suis un fumiste qui met
en valeur le peu qu'il sait,
se faisant passer pour érudit
alors qu'il est un éternel amateur. »
Pacifiste, l'artiste n'a jamais appartenu au parti des mous et des sans opinions, les siennes d'opinions sont bien trempées, ses affiches où il exprime son opposition contre l'apartheid et la guerre du Vietnam ont marqué les esprits.
Universel, sans aucun doute, son œuvre n'a pas fini de faire couler l'encre, d'animer les passions, de faire réagir, de passer les frontières avec ou sans papiers. Elle est libre son œuvre, immense et indéfinissable et Zéralda et les autres longtemps réjouiront petits et grands.
Chapeau monsieur Tomi !
Et pour conclure la devise allemande qu'il a fait sienne :
« Les pensées sont libres »
Babeth Cultien