Samedi 13 juin,
la médiathèque de saint-Vincent
s'associe à L'Assemblée pour présenter
l’œuvre de Marlen AUSHOFER.
A 17h30, discussion autour de l'oeuvre de Marlen Aushoffer,
en particulier de son roman « Le Mur invisible ».
A 19h30, repas et projection du film de Julian Roman Pölsler
Babeth Cultien présente la soirée :
«Je crois que chacun de nous a un livre-frère comme il a une âme-sœur.
Mon livre-frère est Le Mur invisible.»
Julian Roman Pölsler
J’adhère totalement aux propos du cinéaste autrichien. Le mur invisible de Marlen Aushofer fait parti des romans fulgurants qui ne vous lâchent plus lorsque vous en fermez la dernière page. C’est mon livre, celui que je lis et relis depuis 25 ans. Je l’ai souvent prêté, offert, conseillé aux lecteurs à la bibliothèque et un jour j’ai demandé à Philippe de l’inclure dans la programmation de l’Assemblée.
Le Mur invisible – le livre
C’est un récit à la fois bouleversant et perturbant. Une femme se retrouve seule dans un chalet des Alpes autrichiennes, coupée du monde par un mur invisible. La peur, l’espoir, le doute, la résignation l’habite tour à tour et peu à peu elle met en place un système de survie. Elle s’approprie l’espace et le temps, elle rétrécit son espace vital jusqu’à faire d’une partie du chalet son cocon, mais surtout elle s’occupe avec un dévouement extrême des animaux qui sont là : un chien, une vache, des chats et tisse un lien intime avec eux et avec la nature puissante, tantôt hostile, tantôt alliée qui l’entoure.
Ecrit dans le contexte de la guerre froide de la fin des années 60 ce roman place l’homme face à ses choix et à leurs conséquences funestes, devant cette inconscience persistante la tentation du retrait de la société est forte. Il pourrait s’agir d’un retour à la vie primitive. La nature n’est pourtant pas idyllique, elle reprend ses droits obligeant l’homme (la femme) à une grande humilité.
C’est un livre sur la solitude, un roman panthéiste qui remet en question le principe de réalité de la vie. C’est un roman ou le symbolisme est très fort, la nature, le paysage, la forêt dans leur aspect double : la vie, la mort, la protection, le danger…
Marlen Aushofer s’interroge sur la possibilité d’une alternative pour une humanité perdue. Combat entre la folie et la mort, absence de communication entre les êtres, solitude, place de la femme dans la société sont au centre de son œuvre.
Le Mur invisible – le film
Julian Roman Pölsler est né dans les Alpes autrichiennes, dans le massif du Kreuzberg, près du village de St. Lorenzen. Il a étudié la réalisation et la production à l’Académie de Cinéma de Vienne, ainsi que la dramaturgie au séminaire Max Reinhardt. Ayant d’abord travaillé comme assistant réalisateur, notamment pour Axel Corti, il a réalisé depuis 1990 des fictions pour la télévision et également mis en scène des opéras. Il occupe aujourd’hui un poste d’enseignant au sein du département de théâtre du conservatoire de la Ville de Vienne, ainsi qu’à l’Institut de l’informatique et des médias à l’Université de Vienne. Le Mur invisible est son premier long-métrage de cinéma.
Polsler en admirateur de l’œuvre de Marlen Haushofer est resté très proche du livre (peut-être trop aux yeux de certains), il a cependant dirigé avec brio son actrice Martina Gedeck.
Bande annonce