Médiathèque de St Vincent
Mardi 13 mars à 20h30


Rencontre avec
Mireille Marachin :


Témoignage
d'une enfant cachée
pendant la Shoah

Parce qu'il ne faut pas oublier ...

Mardi et jeudi, la médiathèque de Saint-Vincent recevait Mireille Marachin, avec elle nous sommes partis sur les traces d'une photo et nous avons remonté le temps.
Au sortir de la guerre Mireille avait 10 ans. Sur l'une des photos de l'exposition prêtée par l'association Lad Layeled FRANCE, elle pose droite et fière, joliment coiffée, vêtue d'une robe en satin, retenue à la taille par une large ceinture noire. Qui pourrait deviner que cette petite fille sage a traversé les pires moments du XXème siècle en vivant cachée dans le sud ouest de la France ?
C'est son histoire que Mireille, âgée aujourd'hui de 77 ans est venue raconter
Lorsque le gouvernement, en 1941, a demandé à tous les juifs de venir se recenser, le papa de Mireille, un juif polonais qui vivait à Paris avec sa femme enceinte et sa petite fille s'est présenté au commissariat de son quartier, l'homme qui l'a reçu lui a sans doute sauvé la vie en lui disant « Monsieur Gluckman, je vous conseille de ne pas vous faire recenser. » Très vite la situation des juifs a empiré, bientôt ce fut l'exode, les restrictions et les persécutions à l'encontre des juifs s'amplifiaient, il fallait se cacher pour échapper aux nazis mais aussi aux policiers français qui sous le régime de Vichy obéissaient à l'Allemagne.


Mireille a tenu à dire que son témoignage est avant tout un message de paix. « Méfions-nous des propos racistes qui sont banalisés, des clichés sur les étrangers et les populations minoritaires et restons plus que jamais vigilants. »
Adultes et enfants ont été profondément émus par ce récit. La médiathèque remercie tout particulièrement Mireille Marachin mais aussi l'équipe pédagogique du musée Lad Layeled qui nous a prêté gracieusement l'exposition «Sur les traces d'une photo, dix histoires d'enfants sauvés» et Ilana Polac qui a installé dans les locaux de la médiathèque une fresque de 5 mètres de long, un travail poignant sur la Shoah.

La famille Gluckman a fui, trouvant refuge en Corrèze, de là, elle est descendue plus au sud jusqu'à Pau. Dans l'espoir de sauver au moins l'un d'entre eux, le père a décidé de séparer Mireille du reste de la famille. A commencé pour elle une longue période loin de ses parents, accueillie par des religieuses, des familles, des instituts civils ou religieux, elle était placée ailleurs dès que le risque devenait trop grand. La peur, le chagrin d'être éloignée des siens, l'angoisse de vivre sous une autre identité l'ont accompagnée pendant toute la guerre.

Quelques mois avant la libération, le papa de Mireille est venue chercher sa fille, sa femme venait d'accoucher, le bébé pleurait trop, la famille avait trouvé refuge dans une maison aux volets clos. Il ne fallait surtout pas que leur présence soit dévoilée, alors Mireille est venue bercer la petite sœur. Une bibliothèque se trouvait dans la maison, Mireille tout en s'occupant du bébé s'est plongée dans la lecture passionnante de Stendhal, Dumas, Victor Hugo... et il n'est pas étonnant que plus tard elle soit devenue libraire. Enfin la libération est arrivée et les juifs qui avaient survécu ont pu sortir au grand jour. De la famille Gluckman, il ne restait que cette petite « branche » qui grâce à la solidarité de quelques français avait pu échapper à la déportation.
Pour achever cette rencontre émouvante, Gérard Brolles a témoigné de l'engagement de son père qui pendant toute la durée de la guerre est allé à Paris récupérer des enfants juifs qu'il confiait à des familles de Haute-Loire, en 1994, cet homme courageux a été inscrit parmi les Justes.

Et les jeunes ont pu découvrir
la bande dessinée

Les enfants sauvés,
huit histoires de survie


paru en 2008 chez Delcourt


 
  Quelques vues de l'exposition photographique
prêtée gracieusement par l'association Yad Layeled FRANCE