Ilana Polac est née en Israël dans une famille d’artistes, où elle s’est très vite initiée à la peinture et à la sculpture. Mais c’est en France qu’elle a fait ses premières classes artistiques en menant de front ses Études, puis sa formation médicale. De la médecine, qui l’a menée vers la réanimation, l’humanitaire puis, aujourd’hui, la santé publique, elle a puisé cet attrait si caractéristique de son œuvre pour les corps et tout particulièrement l’anatomie.
 
Au début l'académisme lui impose le respect des cadres anatomiques, elle commence à investir les arrières plans. Progressivement elle va coloniser les corps eux-mêmes, d'abord par la couleur, évitant scrupuleusement d’inscrire une quelconque marque risquant d'altérer la perfection morphologique. Puis la stylisation, la troisième phase, qui annonce la libération définitive du carcan anatomique. Les corps se transforment, se distordent, se confondent et s'enchevêtrent jusqu'à envahir le support lui-même.

A partir de 2002, elle prolonge cette recherche en travaillant conjointement le matériau et la représentation. L’utilisation de papier kraft préalablement enduit de colle, comprimé, déformé, puis étalé devient sa marque de fabrique. Épousant les formes qu’elle peint, cette texture, proche d’un parchemin inaltérable, renforce la mobilité et la souplesse des corps. Le tableau peut alors être retravaillé, déformé, par l’artiste ou par d'éventuels acquéreurs en imposant de nouvelles torsions à ce support justement destiné à n'être jamais fixé.
Ilana Polac, qui a désormais élu domicile en Emblavez, a présenté ses œuvres dans différentes expositions, en Normandie, en Suisse et bien sûr à Paris.

... et le dimanche 10 avril,
la médiathèque était pleine pour
le vernissage

Certains, profitant de cette magnifique journée, trouvèrent refuge dans le jardin !

Annette Provins, Maire adjointe et responsable de la médiathèque, après avoir accueilli les participants, en particulier Gérard Roche, Président du Conseil Général de Haute-Loire, et remercié tous ceux qui avaient participé à l'organisation de ce vernissage, dit à Ilana toute la joie qu'elle éprouvait à voir ses oeuvres ainsi exposées.
Jean-Louis Vidal rappela l'importance qu'avait pour lui l'action culturelle sous toutes ses formes pour sa commune et salua madame Louise Delorme, cette artiste vellave de renommée internationale.
Gérard Roche, pour sa part, exprima tout le plaisir qu'il avait à participer à ce vernissage des expositions d'Ilana, qui exercent ses fonctions de médecin au Conseil Général depuis deux ans, et fit le portrait de Louise Delorme dont le talent n'a d'égal que sa modestie et sa simplicité.

Madame Louise Delorme
avec Ilana Polac
Ilana,
La naissance de cette exposition c'est une histoire de rencontres, rencontres au pluriel... Rencontre avec un lieu... Un jour tu as poussé la porte de la bibliothèque, tu as fait un tour, puis tu as dis : c'est super ici !
Tu t'es vite sentie chez toi, tu y viens souvent, tu t'installes simplement après une grosse journée de travail et tu lis confortablement installé dans un fauteuil, tu débarques les samedis matins les bras chargés de croissants, de fruits ou de chocolat et tu partages et discutes avec les uns et les autres.
C'est en fouillant dans les rayons que tu as trouvé un livre sur Louise Delorme. Encore une histoire de rencontre et une belle amitié.
Mardi lorsque les enfants de l 'école ont découvert ton travail, nous leur avons laissé le temps de savourer, de s'imprégner, de réagir aussi. L'un d'eux à dit : « le vrai art c'est celui qui se fait partout » sous entendu : tous les supports sont possibles.
Ce qui me plaît dans ton travail c'est justement cette liberté, c'est le regard que tu portes sur les objets qui t'entourent et que tu détournes avec humour, les bois glanés au cours de tes balades et qui se mettent à raconter des histoires, les supports aléatoires qui se révèlent autrement, les cartes de géographie, les vieux journaux, les pubs au demeurant banales, l'annuaire téléphonique, le papier craft froissé sur lequel ta peinture s'exprime avec force, les carnets sur lesquels tu as jeté tes humeurs, ton énergie, tes colères ou ton enthousiasme.
J'aime ton travail. Tes natures mortes vivantes, tes corps superposés que tu as patiemment remplis de couleurs, tu leur as donné vie avec pudeur et sensibilité. En te voyant travailler à préparer l'exposition, j'ai pu constater à quel point tu étais exigeante, engagée, perfectionniste, et généreuse.
Ce que tu présentes aujourd'hui c'est une partie de toi, je sais qu'il y a bien d'autres choses et notamment un travail bouleversant sur la Shoah. J'ai vu ton atelier au dernier étage de la maison, les arbres se penchent vers la fenêtre pour percevoir un coup de pinceau ou une giclée d'encre, les chauve-souris te rendent visite, Patti Smith de sa voix rocailleuse accompagne tes gestes. Tu es venue à la rencontre de cette terre que l'on nomme Emblavez, tu en connais presque tous les chemins, des yeux tu cherches les sommets et justement là-haut plus au sud, le Mézenc veille sur toi, souhaitons qu'il t'inspire.
Babeth Gultien
Tout le monde se retrouva ensuite autour du très beau et ... bon buffet préparé par l'équipe de la médiathèque !