Mardi 26 Octobre à 20h30,
mairie de Roche-En-Régnier :

Le roman policier
scandinave

Conférence animée par Patrick Guelpa

 



La vogue du polar en Scandinavie est récente. En effet, comme dans ces pays où la protection sociale a de tout temps fait l'objet d'une grande attention de la part de l'Etat, la criminalité est restée quasiment inexistante jusqu'aux années 80-90. Depuis, la mondialisation, la circulation de la drogue et d'autres facteurs ont provoqué une délinquance et une criminalité inconnues jusqu'alors et favorisé l'émergence d'une littérature policière qui prend en compte les problèmes de la société : souffrance des femmes et des enfants, des faibles, des étrangers, misères et cruautés liées à la drogue et à l'appât du gain, égoïsmes, dislocations familiales...

 

En Islande, c'est Arnaldur Indridason qui s'est engagé dans ce créneau qui correspond à un besoin local. Il dresse un portrait sans complaisance de la situation et avec son inspecteur Erlendur il nous entraîne dans des enquêtes passionnantes où résonnent en toile de fond les affres et les espoirs de notre société.

 

 




Ce mardi 26 Octobre, la bibliothèque de Roche-en-Régnier a accueilli Patrick Guelpa, maître de conférence à l’université de Lille, et spécialiste en langues scandinaves, pour une conférence sur le thème du roman policier nordique. Environ 25 personnes sont venues l’écouter avant de partager un verre proposé par les bénévoles de la bibliothèque.

 
Patrick nous a présenté les grandes caractéristiques de cette littérature, marquée par les changements de société : l’augmentation du chômage, les séparations familiales, la délinquance, la circulation des drogues…
La littérature policière reflète ces changements de société, loin du modèle scandinave idéalisé. Les policiers sont souvent de gauche, critiques, désabusés, fragilisés par leurs propres situations familiales difficiles, pris de doute constamment. Les enquêtes elles-même sont parfois en marge de l’histoire, laissant le devant de la scène à des histoires sociales souvent violentes et la psychologie des personnages.
Le roman policier scandinave est plus souvent proche du roman noir ou roman social que du roman à énigme.

Analdur Indridason est né en 1961 à Reykjavik, diplômé en histoire, il est journaliste et critique de cinéma. Il est l’auteur de 13 romans noirs, dont plusieurs sont des best-sellers. Sept romans qui ont pour héros l’inspecteur Erlendur sont traduits en français par Eric Boury, aux éditions Métaillé.


Vous pouvez emprunter ces romans policiers dans nos bibliothèques ; consultez les catalogues pour les localiser.


Après un tour d’horizon des auteurs de romans policiers norvégiens (comme Jo Nesbo) et suédois (Maj Sjöwall et Peer Walhoo, Stieg Larson, Karin Alvegen, Henning Mankell …), Patrick Guelpa a choisi de développer son exposé autour d’un auteur islandais de renommée : Analdur Indridason, auteur de La cité des jarres, L'Homme du lac, La femme en vert, Hiver arctique …
Patrick Guelpa a su dépeindre les personnages des romans d’Indridason, dont le protagoniste principal, l’inspecteur Erlendur (qui signifie «étranger») est un flic, anti-héros, en proie lui aussi à une histoire familiale difficile et à un passé douloureux marqué par la disparition d'un jeune frère. Le thème du passé, du temps qui affecte ou guérit, et celui de la disparition sont des caractéristiques de ses romans. Il est entouré de ses collègues hommes et femmes, très différents de lui, et qui dans certains romans prennent le premier rôle, illustrant alors d’autres constats sociologiques : l’influence des Etats-Unis, la place de la femme qui doit se battre pour s'imposer dans le milieu de la police, ou dans la société, plus largement.