Fernand

Monatte

 
Fernand Monatte est un enfant de Coubon : fils de l’instituteur, il s’est installé sur la commune en 1960 avec ses parents.
Amoureux du terroir, passionné d’histoire locale, ses pas l’ont tout d’abord conduit en haute-vallée de la Loire où il a participé activement avec l’équipe d’André Crémilleux à des chantiers de fouilles, recherches et publications dans le domaine de la préhistoire.
 
François Monatte a exercé à deux reprises un travail de mémoire et publié deux livres aux Editions Jeanne d'Arc :
Il nous a invité une première fois à visiter les territoires de Coubon et d’Arsac-en-Velay réunis par le passé en une seule et même commune (2008).
Il nous invite en 2011 à visiter cette terre de Languedoc à l'époque où Louis XIII et Richelieu fédèrent la France, préparant et facilitant le règne du Roi soleil .
Deux ouvrages de référence, fruits de longues et patientes recherches, rassemblées au sein d'études minutieuses.
   
 
Ici la vallée essaie tant bien que mal de contenir la Loire fougueuse ; elle s’élargit à peine pour accrocher sur ses flancs les vestiges de l’histoire humaine. Situé sur l’ancienne route de la chrétienté qui de la ville sainte du Puy gagnait la cité papale d’Avignon, le village de Coubon s’assoit sur les deux rives.

Des témoins préhistoriques aux jalons d’une présence gallo-romaine, le terroir est riche d’un passé médiéval avec ses magnifiques châteaux : Poinsac fier donjon couronnant la montagne, Gendriac, Volhac et Latour dressés en sentinelles aux abord du fleuve ou encore Bouzols siège d’un puissant mandement, refuge inexpugnable qui domine la vallée de sa masse imposante.
 
 
A Coubon l’histoire est vivante. Elle se lit et se comprend à travers les personnages ou les faits historiques, les désordres ou les guerres fratricides, souvent simples émanations de conflits nationaux parvenus jusqu’aux confins de nos campagnes.

Aujourd’hui, l’histoire continue sa marche. Tournée vers l’avenir la commune est en pleine mutation. Coubon s’ouvre au modernisme tout en essayant de préserver le charme indéniable de son identité rurale.
 
   
A l’aube du XVIIe siècle, Le Puy demeure « la seconde ville du Languedoc en étendue et en population, puisqu’elle ne le cédoit qu’à Toulouse ». La cité et le pays de Velay, parties intégrantes de la grande province du Languedoc, vivent alors au rythme des évènements du royaume. Carrefour, lieu de passage et d’échanges importants, ils sont les témoins souvent impuissants des grands mouvements politiques, sociaux et religieux qui agitent la nation. A travers les « livres de raison » qui sont le « miroir du temps », les chroniqueurs font remonter jusqu’à nous les faits qu’ils jugent « dignes de mémoire » :

La peste entre au Puy le premier juin 1629. Elle apparait brusquement dans la maison d’un cordonnier de la rue Rochetaillade, nommé Christophe Michel.
 
 
« L’épidémie fait des ravages. Les cadavres jonchent les rues et les places faute de mains pour pouvoir les enlever. La puanteur est épouvantable. La ville ferme ses portes et interdit tout accès à l’intérieur de l’enceinte. Les infectés sont chassés des villages et relégués à l’avant-porte des cités closes et quand ces pauvres hères décèdent au pied des murailles, c’est aussitôt l’effroi chez les gens qui sont de l’autre côté du mur… ». On relèvera 10 000 morts.

En 1634, un bandit de grand chemin est arrêté et condamné à un horrible supplice : « On lia les membres du Ceytaire, on le mit sur la roue et aux yeux de la foule, il fut mené et massé au Martouret depuis Vals ».

En 1639, une levée extraordinaire de milices a été ordonnée pour aller renforcer l’armée du prince de Condé en Roussillon : « pour ce faire, l’on a fermé les portes et puis les magistrats, les consuls et le capitaine général Gérentes avec les quatre sergents de la ville entrant dans les maisons d’une partie des pauvres habitants, on les prit par force violente et il y avait grande déploration et misère de voir pleurer, pères, mères, femmes, enfants, parents et amis ».

Heureusement dans la rudesse de ce siècle, il y a aussi des joies : au fil des pages, nous vivons l’effervescence des fêtes et des jeux ; nous découvrons avec ravissement les arts, la littérature ou encore la musique ; nous pénétrons enfin le quotidien des habitants en déroulant la grande fresque de ce que fut la vie « au Puy et dans le Velay sous le règne de Louis XIII ».