Vendredi 21 mars 2014

Atelier écriture
à l'Assemblée de St Vincent
Huit personnes étaient venus participer à ce petit exercice à la fois divertissant et exigeant.

Mais Philippe avait préparé des petits plats qui émoustillaient nos papilles ... et nos neurones.

Cela a permis de pimenter quelque peu les productions textuelles, qui, sans faire de l'ombre aux poètes qu'on célébrait en ce printemps, étaient d'un niveau honorable.

Jugez-en au travers de ces quelques exemples
Portraits kaléidoscopes
Je suis française mais autre chose aussi
un peu manouche
plus vent que montagne
je ne fais que passer
sauvage et timide
rebelle et méditative
toujours je me cherche

Elo
Je suis française mais autre chose aussi,
un peu slave, méditerranéenne,
un peu volcanique
et un peu retenue,
un peu la montagne qui se fait feu follet,
un peu bouillonnante,
et un peu trop raisonnable.
Je cherche.
Catherine
 
Je suis un peu des deux
ch'ti et vellave
parpaillot et catho
tendre et sévère
gamin et adulte
je ne sais pas vraiment qui je suis
mais qu'importe si mes amis me reconnaissent.

Christian
Je suis français mais autre chose aussi
du sud j'ai le raisonnement
du nord ma folie
de l'est le goût des épices
de l'ouest la lumière
mais j'aimerais tant être le vent
naviguant entre ces quatre points cardinaux
un vent naviguant pas un vent dominant

Philippe.
J'aimerais
A partir du livre de Toon Tellegen et Ingrid Godon, J'aimerais, aux éditions La joie de lire
J'aimerais être transparente, non pas pour ne pas être vue, non, non, bien au contraire, ce serait pour que tout ce que j'ai dans la tête puisse être lu ou su, en un instant. C'est trop difficile de devoir toujours tout expliquer, de devoir se faire comprendre. Quelqu'un viendrait près de moi et hop, tout serait clair. Il est bien entendu que l'autre serait aussi transparent que moi. Ainsi plus de mensonge, plus de quiproquo, de faux semblants. L'autre connaîtrait tout de moi, je connaîtrais tout de lui. Quel gain de temps ! Nos connaissances s’emmêleraient en un seul savoir.
Tu es folle me direz-vous ! C'est l'enfer que tu nous proposes là. Toutes réflexions faites, vous avez peut-être raison.
Tant pis pour moi
.
Annette
 
J'aimerais écrire et vivre au présent. Qu'il n'y ait plus de conditions. A condition de ne pas être seul, bien entendu.
Conjuguer ma vie au seul présent. Vivre maintenant, ici et pour toujours. Aimer, maintenant, ici et pour longtemps.
Sans conditions, ni limites, ni contraintes.
Sans conditionnel, à perpétuité.
J'aimerais pouvoir dire j'aime. J'aime écrire que j'aime.
Mais j'aime ne suffit pas. Une seule personne, la première, au singulier. Aimons-nous, alors me convient mieux.
Même bien écrit, le plus beau des textes n'existe que quand il est lu. Alors j'aimerais être lu.
Sauf que je ne suis pas un texte. Ou alors je ne le sais pas.
J'aimerais être un texte,
ou plutôt un mot dans un texte joyeux.

Philippe.
Voyage  intérieur, voyage géographique, voyage initiatique,
voyage dans le temps ou dans l'espace

A partir de quelques lectures et d'un choix d'images tirés au sort.
La yourte blanche luisait au soleil couchant. Toute la famille profitait des derniers rayons. L'immensité, le calme tout m'impressionnait. Je me sentais bien, apaisée après une journée de marche. La rivière au loin scintillait. Les enfants rassemblaient les troupeaux. C'était l'heure de la traite. L’hospitalité de cette famille était comme une offrande, un hymne à la vie.
Christiane
On avait douze ans,
l'envie d'en finir avec la cité, les parents et l'école.
On avait 12 ans, l'envie de se tirer, de se barrer.
On avait jamais mis les pieds là-bas.
Le mur c'était la maison, le jardin, la cour de récré.
D'un côté on connaissait tout, le bitume, les cailloux.
On connaissait sur le bout des doigts
les bécanes et la came.
De l'autre côté on ne savait rien. On ignorait tout.
 
C'est lui le premier. Il a dit :
  - A midi on y va, on se retrouve en bas.
On avait enfilé des baskets, trois paires de chaussettes, deux tee-shirts, un pull-over et les blousons de nos grands-frères. Ni lui ni moi ne savions ce qu'il y avait en bas.
  - Merde ! Saute ! Allez, c'est maintenant ou jamais.
De l'autre côté le néant, le rien, le vide, le trou, pas une terre pour poser le pied, rien pour se reposer.
Mais tu fais quoi quand l'autre te jauge, te juge ?
Quand le défi est lancé et que t'as l'air d'un raté ?
Tu jettes un œil, tu attends, tu ne vas pas renoncer.
  - Saute ! a t-il dit.
Sans réfléchir, ma jambe en équerre sur la tranche du mur. J'ai fermé les yeux et sans un cri je me suis laissé tomber.
Babeth