Le groupe de lecture lit des romans scandinaves

le 11 octobre 2010, nous avons fait notre "rentrée littéraire" . Au menu, en prolongement de nos animations sur le thème de la scnadinavie ... : les romans scandinaves, 16 au total de différents styles et de différents pays

 
Romans adolescents Album


Grand frère
d'Harald Rosenlow Feg


Une île trop loin 
d'Annika Thor


Ne désepère pas Gilbert
de Gro Dalhe
Romans contemporains

Doppler
Loe, Erlend 


Le mec de la tombe d’à côté
de Katarina Mazetti


Les chaussures italiennes
d'Henning Mankell

La plage
de Marie Hermansson

Jamais avant le coucher du soleil
de Johanna Sinisalo


Les mains rouges
de Jens Christian Grondhal


Le moindre des mondes
de Sjon

Le lièvre de Vatanen
d'Arto Paasilinna
Romans du XXème siècle

Bethsabée
de Lindgren Torgny

Une autre vie
de Peer Olov Enquist

Le voleur de bible
de Göran Tunström

Le bourreau
de Pär Lagerkvist

Le festin de Babette
de Karen Blixen
Notes de lecture

 

Ne désepère pas Gilbert
de Gro Dalhe

Editions Etre - 2008

En nous présentant ce livre, Babeth avait précisé qu'il s'agissait d'un album : les images expriment tout autant que le texte… Mais voilà que j’y découvre une dimension sonore tout aussi riche de sens, et c’est celle-là que je voudrais faire partager.
De grandes images mettent en scène Gilbert dans son cadre de vie, représentations naïves du personnage dans les actes de la vie quotidienne, dans un décor évolutif riche de sens. Dans ce décor on rencontre de-ci de-là des extraits de partition accompagnés ou non de titres évocateurs :

  • « Aussi loin que Gilbert se souvienne, ils ont toujours vécu ensemble » : voici, extraite des Petites pièces à quatre mains, La polka de Petit Tom de E.Horneman, compositeur et pédagogue danois du XIXème siècle : « j’entends » Gilbert jouer le thème de cette polka, soutenu par les accords de son père…
  • Tiens ! une gamme de Mi Majeur (E Dur) ! en double-croches ascendantes puis descendantes elle accompagne le bras du père tendu vers le haut pour éteindre la lampe et qu’on imagine redescendant se poser sur la couverture … le graphisme accompagne le geste …
  • Gilbert se retrouve seul… pas tout à fait ? La cigogne juchée sur le toit du paysan de C.E.F.Weyse, compositeur danois du début XIXème, l’accompagne (l’enveloppe) de son balancement ternaire …
  • Suivent de longs épisodes sans musique… écrite, l’espace sonore est occupé par la radio, la télévision, le chat (ronronnement, langue qui lape l’écuelle ,… ), le chien enfin dont les aboiements incessants importunent le voisinage et nécessitent une résolution extrême …
  • Gilbert est seul devant son miroir, il réfléchit à sa vie… le miroir est inséré dans une page d’exercices techniques, échauffements inévitables des pianistes, arpèges dans tous leurs états répétés dans diverses tonalités, assimilés à ces expériences qui construisent un chemin de vie, à la fois semblables et différentes, comme l’on dit que les choses se répètent d’une façon ou d’une autre, ou comme l’on essaie de mener différemment ce dont on sait que cela n’a pas bien fonctionné précédemment pour arriver à un résultat similaire …
  • L’enfant et la poupée puis La plainte d’une petite fille, de Horneman, complètent avec bonheur, à la fois dans leur titre et dans leur facture musicale, le portrait de Gilbert en enfant ravi de son nouveau compagnon de vie avant que les choses ne tournent mal …
  • Plus loin Le lièvre dans le fossé redonne l’espoir avec son assise ascendante et dynamique.
  • Voici l’Ave Maria, de Horneman encore, qui avec douceur vient en contrepoint de l’évocation de cette jeune fille dont Gilbert aimerait faire plus ample connaissance … et … il s’agit d’un morceau à quatre mains dont on ne voit que la partie supérieure (Primo).
  • Cet espoir de rencontre avorté, un nouvel épisode sans musique aboutit à la Marche nuptiale de Mendelssohn : « c’est trop beau pour être vrai, se disait Gilbert (…) ».
  • La vie suit son cours … jusqu’à ce que le fils ait grandi et qu’on voie les rôles inversés, Gilbert ayant pris la place du père, au son de Le Petit Tambour, de Horneman dont on peut se demander s’il ne s’agit pas ici de la partie grave d’une nouvelle pièce à quatre mains !
  • La vie continue et serait peut-être un éternel recommencement …

Sylvie Choteau-Mouriaux

Le Voleur de Bible
de Göran Tunström

Actes Sud/Unesco - 2001  

 

Dans cette histoire de fous, ils sont deux : Johan et Hedvig. Ces enfants sont comme deux pépites égarées dans les bas-fonds de la misère, de la promiscuité et des sales combines. Le premier marche de l'avant, l'autre suit. Car Johan ne se sent pas vaincu. Il tente de se frayer un chemin vers la lumière. Pour cela il fait l'incroyable projet de dérober la Bible d'Argent. Pour commettre son larcin, il va se plonger dans le monde des livres, poursuivre des études universitaires et finir par devenir un érudit reconnu par ses paires. Mais que sait-on du destin des hommes et que sait-on de celui des femmes ?

Voici un récit poignant et absurde qui juxtapose au fil des pages la réalité et l'imaginaire dans la plus grande beauté des phrases. L'âme des petites gens de Sunne y est mise à nu avec générosité et finesse. Un livre dont l'inventivité poétique des situations et de la langue vous fera frémir de plaisir.

Annette