Romans policiers

Nous les avons lus, nous en avons discuté entre nous, et en général nous avons aimé.

La cité des jarres
d'Arnaldur Indridason
traduit de l'islandais
par Eric Boury
Points - 2006 -


Voilà un polar bien classique.

L’inspecteur tout d’abord, homme à la vie familiale compliquée : divorcé, deux enfants, un fils qu’il ne voit plus, une fille droguée, dealeuse … et enceinte. Bref le mec obnubilé par son job, au point de ne pas prêter attention à ses proches, … mais avec des remords, quand même !

L’intrigue est bien construite, se déroule jusqu’à son terme, avec une belle logique progressive. N’en disons pas plus. Et puis c’est un voyage dans cette Islande brumeuse, bruineuse.

Comme on l’aura compris, une lecture bien détendante ; parfois cela fait du bien de ne pas trop se prendre la tête ! Lire, c’est aussi cela !

Christian  

Les brumes du passé
de Leonardo Padura

traduit de l'espagnol (Cuba)
par Elena Zayas
Métailié - 2006 -

Les brumes du passé est une belle plongée dans l'histoire de Cuba, c'est aussi un hommage magnifique aux livres, à la littérature et à la musique cubaine et principalement le boléro.
Mario Condé a quitté son travail d'inspecteur. Il s'est reconverti dans l'achat et la vente de livres anciens. Il ne soupçonne pas qu'en poussant la porte d'une vieille maison qui autrefois a eu ses heures de gloire il fait irruption dans les brumes du passé. Il est témoin d'une tragédie qui va le mener bien malgré lui sur les traces d'une chanteuse de boléros à la voix envoûtante. c'est un livre sur les illusions perdues, sur la Havane des années 20, lorsque la ville était la reine de la musique, de la jouissance et de l'alcool, plus tard, sur celle  qui ploie sous la dictature et  la violence, celle qui résiste, qui souffre et qui survit. C'est un roman noir empreint de mélancolie et de sensualité. Un roman qui n'est pas dénué d'humour et certaines scènes dans la Havane de la nuit sont délicieuses. Un roman qui peint l'amitié et qui laisse entendre en fond sonore la douce voix de Violeta del Rio.

Babeth 

L'âme du chasseur
de Deon Meyer

traduit de l'anglais
(Afrique du Sud)
par Estelle Roudet
Éd. du Seuil - 2006 -

 

L'âme du chasseur  est  une véritable course poursuite à travers l'Afrique du Sud en proie à ses vieux démons. On suit avec fascination le personnage principal "P'tit" Mpayipheli. Depuis qu'il ne travaille plus pour les services secrets, il a refait sa vie et aspire à la tranquillité auprès de sa compagne et de son fils. un jour tout bascule et son passé obscur le rattrape. Pour venir en aide à un vieux compagnon, le voilà qui replonge dans un passé de meurtres et de corruption. La moto qu'il "emprunte" pour traverser le pays et livrer la rançon à ceux qui retiennent son ami en otage, devient au fil des pages un personnage à part entière.
C'est un livre superbement écrit, puissant, évocateur que l'on a bien du mal à lâcher.
En voilà un extrait, les premières lignes : "Il se tenait derrière l'américain. Pratiquement collé à lui dans le métro bondé, l'esprit très loin de là, sur la côte du Transkei, où les vagues gigantesques viennent se briser dans un bruit de tonnerre. Il se revoyait assis sur l'éperon rocheux d'où il contemplait la houle, sa progression linéaire à la surface de l'océan indien, impressionné par ce long voyage solitaire qui s'achève en un déferlement sur les côtes accidentées du continent noir. Entre deux lames règne un silence parfait, quelques secondes de calme absolu. Le moment est si tranquille qu'il entend la voix de ses ancêtres - Phalo et Rharhabe, Nquika et Maqoma, son sang, sa source, son refuge (...)."

Babeth 

Les feuilles mortes
de Thomas H. Cook

Gallimard (Série Noire)
- 2008 -

Deux possibilité s'offrent à vous à la lecture de ce roman.
Soit vous rejetez Eric Moore et ses soupçons auquel cas vous trouverez l'intrigue mal menée et le style des plus simples.
Soit vous entrez en empathie avec le narrateur Eric Moore. Alors vous entrez en empathie avec le père de Keith, un adolescent renfermé soupçonné d'enlèvement d'une petite fille de 8 ans, avec le frère Warren qui cache sous un célibat alcoolique une véritable fêlure, avec le fils d'une famille malheureuse aux lourds secrets, avec le mari de Meridith, intelligente, séduisante et indépendante...
Alors comme Eric Moore, vous douterez de tout et de tous malgré l'amour que vous leur portez car l'enlèvement d'une enfant innocente vous est insupportable. Ce doute aura une issue fatale.
La simplicité permet alors la lecture d'une traite de ce roman policier et vous invite à vous demander quelle confiance vous accordez à votre famille.

Aurore Lebrat

Garden of Love
de Marcus Malte

Zulma - 2007 -

Le retour d'Ariel, personnage mystérieux et fascinant donne le ton du roman : le narrateur le voit un jour d'hiver en bord de mer, il voudrait que l'autre le voie aussi, il voudrait ne pas croiser son regard. De là, leur histoire se déroule à l'envers. Mais il y a, interposée, une autre histoire qui lui ressemble jusqu'aux prénoms des enfants, jusqu'à la similitude des lieux : le café du temps perdu, la plage, la villa au bord de la falaise… L'une des histoire est claire, l'autre sombre, endeuillée. Mais les deux se croisent et se mélangent et on ne sait plus quels sont les liens entre les personnages fragiles, charismatiques, attachants, vivants et morts. On s'y perd, on cherche à combler les zones d'ombre. La résolution du crime ne donne sa noirceur au roman que parce qu'elle assombrit les personnages, mais elle n'est pas centrale.
L'écriture est belle, l'esthétisme est présent dans les références littéraires, musicales, dans la jeunesse et la beauté des personnages, mais aussi dans leur machiavélisme et leur immense tristesse.
Ce qui tient le lecteur en haleine, c'est de démêler les fils de ces histoires, destins croisées ou parallèles, et qui laissent penser au final que « Je est un autre ».

Christelle

Ténébreuses
de Karin Altvegen
Plon - 2008 -


Ce roman débute avec la mort d'une vieille dame esseulée, Gerda Persson, qui fut la domestique du célèbre écrivain Axel Ragnerfeldt. Ce dernier finit ses jours totalement paralysé, dans un centre de soins. Son fils, Jean-Erik, séducteur et alcoolique, anime des conférences sur son œuvre, sa fille Annika est morte à l'âge de quinze ans, et son épouse Alice regrette toujours de ne pas avoir été une grande auteure mais seulement l'ombre de son mari.
Alors que Jean-Erik retourne dans la maison de sa jeunesse dans l'idée de trouver une photo de Gerda, il découvre sans vraiment le chercher, le secret dramatique de sa famille, bien préservé pour ne pas entacher l'image de l'écrivain célèbre.
On suit parallèlement l'histoire de Kristoffer, qui écrit lui aussi, et fut abandonné tout petit. Il est le seul héritier de Gerda et voit dans ce maigre testament la possibilité de faire le jour sur son histoire pour « commencer à vivre ». Ses recherches l'amèneront fatalement à découvrir le secret de la famille Ragnerfeldt.
On évolue dans un milieu littéraire, mais derrière les apparences il y a toutes les facettes sombres : l'alcool omniprésent, les écrivains de l'ombre, la difficulté d'être ou ne pas être publié, le manque d'inspiration, la jalousie, les manipulations et la gloire à préserver au prix de tous les sacrifices.

Christelle

Shibumi
de Trevanian

Gallmeister - 2008 -

Le héros de ce roman est un personnage étrange et fascinant. Né à Shangaï en 1925, il vivra en Chine occupée, puis au Japon où il deviendra un maître du jeu de go.
Il survivra au chaos et à la barbarie de ces temps là pour devenir un tueur implacable, le mieux payé du monde, un ennemi de tous les pouvoirs, exterminateur de terroristes internationaux. A la retraite, il coulera enfin des jours heureux avec sa compagne au Pays Basque. Par fidélité à la mémoire d' un ami, il quittera ce lieu paisible, sera rattrapé par son passé et contraint de reprendre du service.
La construction de ce livre emprunte au jeu de go : titres des parties, allers et retours entre Washington et les autres lieux de l'action, alternance de scènes violentes et de moments harmonieux. Le style de ce roman policier politique à la fois drôle et tendre est limpide, efficace. Je n'ai pas atteint le "Shibumi" (maîtrise harmonieuse du monde et de soi-même) ; mais j' ai lu avec beaucoup de plaisir ce roman d' espionnage original, et j'ai repensé souvent à cet apatride philosophe aux yeux vert bouteille, dans son gouffre de Port de Larrau ou "dans la prairie triangulaire, mêlé au soleil doré et à l' herbe".

Madeleine Alamy.

Chambre Noire
de Eva-Marie Liffner

Rivages - 2007 -

Pour un lecteur de pur polar, ce roman peut déconcerter : l'enquête ne révèle son objet qu'au tiers du livre. Johanna Hall, photographe, hérite d'un appartement à Göteborg (Suède) de son oncle Jacob. Elle trouve des photos prises en 1905 et se lance dans une quête de vérité sur ce qui s'est alors passé dans la vie de Jacob. Cela l'amène à se rendre à Londres puis à Dundalk (Irlande).
Le récit est partagé entre trois périodes : Londres fin XIXème début XXème, avec la société de Théosophie et la naissance de la photographie, ce jusqu'à la fin de la guerre de 14 ; l'époque actuelle où la photographe enquête sur des événements du début du XXème ; la fin des années 30 où l'enquête sur les disparitions d'enfants, notamment des Flaherty, prend fin. Les photos ne sauront jamais décrites et la vérité n'est que partiellement dévoilée.
La construction du récit est elle-même perturbante avec des narrations tantôt à la première personne pour Johanna, tantôt à la troisième personne lorsque l'on suit Jacob dans le Londres de 1905. Ce sont d'ailleurs ces changements de narrations et les titres des chapitres qui permettent de se repérer dans les nombreux allers-retours dans le temps.
C'est aussi tout l'intérêt du livre : les personnages vivent, revivent les mêmes faits, les mêmes problèmes sociaux, ressentent les mêmes sentiments. Dans ce jeu de miroirs, de parallèles et d'abîmes, l'image, la photographie, occupent une place centrale et montrent à quel point les souvenirs, les réminiscences peuvent être à la fois clairs et obscurs.
Il faut ajouter à tout cela de magnifiques descriptions concises et plus que justes de la psychologie des personnages et de la société qui les entoure, que ce soit la société actuelle ou celle du début du XXème. Cela permet également à l'auteure d'effleurer le thème du rôle des religions (du danger des sectes) via Hélène Blavatsky et la société de Théosophie, celui de l'homosexualité féminine, celui de la pédophilie subie par les enfants les plus pauvres, celui de la filiation,...
Un livre riche où chacun peut puiser en fonction de sa sensibilité.

Aurore Lebrat

Versus
d'Antoine Chainas

Editions Folio Policier
Gallimard – 2008 -

A force de lire des romans policiers, on prend l'habitude de fréquenter des justiciers, des flics en tous genres, on se prend d'amitié pour les uns, les autres nous agacent, mais on finit toujours par les trouver sympathiques. Il y a "les presque à la retraite", ceux qui vont bientôt raccrocher, qui veulent boucler leur dernière enquête et qui ne raccrochent jamais. Il y a les bons pères de famille, une espèce en voie de disparition. Il y a les déglingués de la vie, les révoltés, les dépressifs chroniques, les alcooliques, ceux qui sont forcément divorcés, solitaires, ou en conflit avec leurs mômes, souvent une fille. Il y a les brutes épaisses, qui tout compte fait ne sont pas très méchants,... et puis il y a le major Paul Nazutti. Un spécimen comme celui là, j'avoue ne pas en avoir rencontré beaucoup dans les séries noires et les thrillers. Lui, on le déteste dès la première page, il nous révulse, nous choque, nous brutalise sans ménagement, nous horripile et nous glace le sang. Il hait le monde entier, les hommes, les femmes, les homos, les pervers, les pédophiles, les syndicalistes, les étrangers et j'en passe. Avec Versus, il nous entraîne dans la faune interlope et nocturne d'une ville maritime sur les traces de tueurs d'enfants et sur celles non moins étranges d'un homme qui abat des pédophiles et les enterre auprès du corps de leur dernière victime. On le suit dans cet enfer troublant, le dégoût au bord des lèvres et on voudrait comprendre.
Un roman qui se lit au rythme dingue de cette histoire dingue. Le style chahute un peu, pas de tendresse, pas de jolis mots, le lecteur a droit à du brut, du solide, du viril. Après tout c'est la guerre ...

Babeth

Versus « en face de » : Nazutti versus les pédophiles ou … Nazutti face à lui-même car derrière les mots crus, les situations extrêmes, c'est bien l'homme face à sa violence, à ses désirs sexuels, à sa soif de domination, de pouvoir...
Chainas nous pousse dans nos derniers retranchements, jusqu'à l'insupportable puis quelques pages suivantes, avec humour (noir bien-sûr) un personnage nous explique que ce n'était pas réel. Soulagé ? Non, simple bouffée d'air jusqu'au prochain chapitre. Alors pourquoi une telle noirceur, à quoi bon une telle violence, peut-être parce que l'on ne peut pas dépeindre notre société consumériste sans cette violence, sans doute pour exprimer l'aversion et sortir de la banalisation du sexe, de la violence physique ou psychologique, subie par les enfants, les prostituées, les sans-abris, et finalement les êtres humains. On adhère (ou pas) mais on ne peut être indifférent, et sortir indemne d'une telle lecture.
Et puis, pour nous réconcilier avec la vie, Versus Nazutti, il y a Andreotti, son binôme, un flic idéaliste, droit et intègre, il y a Rose, mère d'une victime avec sa douleur, sa douceur et son pardon et il y a un bilan de sa vie et de son œuvre...

Aurore Lebrat

Montmartre,
Mont des Martyrs
de Chantal Pelletier

Gallimard - 2008 -

On est très vite dans le bain… 10 mai 1981, la foule en liesse dans Paris, « tandis qu'un petit village résiste » et vaque à ses affaires : Montmartre et son monde interlope où se croisent travellos, putes, toxicos, branchés, et où le Sida, encore mal connu, fait des ravages. Dans ce cadre bucolique au possible, un jeune flic enquête sur 3 meurtres sans lien apparent. C'est pour l'auteure l'occasion de nous balader - dans tous les sens du terme - dans le Montmartre des années 80 au fil de chapitres introduits par une coupure de presse d'époque.
D'entrée, je n'ai pas accroché à l'écriture : trop saccadée (trop de coke ?), cherchant l'humour coluchien à tout prix (on est en pleine période !) et à chaque tournant de phrase… Bref, ça se bouscule au départ, ensuiteça se structure en un bon suspense puis une chute bien déprime couleur «jour de pluie» à Paris. Mais, au travers de cette balade, j'ai eu plaisir à retrouver - du fond de mon fauteuil et sans le stress parisien ! - ce quartier avec ses parigots, ses bourgeois de l'avenue Junot, ses branchés, ses immigrés, ses travelos brésiliennes … Paris, que j'ai quitté cet été et que je retrouve à la médiathèque de Saint Vincent… !

Ilana POLAC 

La Femme en vert
de Arnaldur Indridason

Points - 2007 -

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La ville de Reykjavik s'étend. Des ossements humains sont retrouvés sur le chantier qui s'est ouvert sur la colline aux trois vieux groseilliers. Le commissaire Erlendur et ses adjoints Elinborg et Sigurdur Oli mènent l'enquête.
Mais ne nous y trompons pas. Cette enquête n'est qu'un prétexte. La lente exhumation des ossements est le point de départ d'une histoire qui se construit comme un mille feuilles. Au fil des pages le lecteur navigue entre le passé et le présent, entre l'enquête proprement dite et le destin personnel de chacun des personnages. Les histoires se superposent, s'imbriquent, se font écho, se séparent.
Cette démultiplication entraîne le lecteur sur des pistes toutes plus vraies les unes que les autres. Parfois l'affaire piétine, parfois le rythme accélère. Et pendant ce temps là, Indridason se joue du lecteur avec humour : il s'amuse véritablement à terminer ses chapitres sur un coup de théâtre ou sur une nouvelle interrogation.
L'intérêt de ce roman noir se situe dans tout ce qui se révèle de la société islandaise d'aujourd'hui et d'hier. Son point fort est la place que l'auteur réserve à la femme. Femme porteuse de vie, femme mère, femme fille, amante, et surtout, dans des pages criantes de justesse, femme sujette aux violences conjugales. C'est dans cette dénonciation fulgurante que l'ouvrage prend sa dimension de grand et beau livre qui ne s'oublie pas.

                            Annette PROVINS

La nuit, tous les
loups sont gris

de Gunnar Staalesen

Gallimard - 2007 -

L'auteur plante le décor, la rencontre du détective Varg Veum avec Hjalmar Nymark, policier à la retraite. Je trouve l'écriture du livre percutante, puissante, réaliste et poétique dans les descriptions, en particulier page 25 : une très belle évocation du temps qui passe et de la mort inéluctable. Varg Veum parle avec tendresse de certains de ses personnages (les clochards par exemple) ; on le sent cependant extrêmement désabusé et cela s'accorde à Bergen où la pluie et le vent sont omniprésents. La lecture coule facilement, aisée et belle. A Lire !

Marie DUPUY

Ils sont notre
épouvante et vous
êtes leur crainte

de Thierry Jonquet

Seuil - 2006 -

A  partir d'un fait banal, la rentrée scolaire d'une jeune enseignante d'origine juive polonaise dans un collège de banlieue, Thierry Jonquet nous livre un roman social, politique très noir. On y retrouve tous les méfaits de la vie banlieusarde, misère physique et morale, exploitation de la population par de petites minorités, drogue, prostitution, endoctrinement religieux, antisémitisme violent, désarroi des enseignants, etc. Thierry Jonquet nous renvoie à notre responsabilité collective (lire page 247 : l'admirable extrait d'un poème de Victor Hugo, tout est dit !)

Marie DUPUY

Lorsqu'Anna Doblinsky, tout droit sortie de l'IUFM, se retrouve nommée au collège Pierre de Ronsard, dans le 9-3, elle se doute que sa tâche ne sera pas simple ni facile. Parmi ses élèves : Lakdar, jeune garçon au destin brisé par une erreur médicale (il voulait devenir auteur de bandes dessinées), et Moussa un des cas les plus difficiles pour tous les professeurs. Elle découvre la lâcheté des responsables et le découragement général des enseignants.
Le roman a l'avantage d'emmener son lecteur dans l'univers que lui présentent les journaux télévisés, en s'inscrivant dans la durée, celui non pas de la banlieue, mais des Banlieues, celles que tout un chacun évite (on évite de s'y rendre, on évite d'y penser). Nous suivons la montée inexorable de la tension jusqu'à l'explosion : les émeutes de novembre 2007.
« Quelques éléments dans ce roman peuvent surprendre, voire choquer. Aussi grotesques, saugrenus ou scandaleux qu'ils puissent paraître, ils sont pourtant tirés de la réalité que chacun peut vérifier s'il s'en donne la peine » (note de l'auteur en fin d'ouvrage). Roman noir,  glaçant et inquiétant. A méditer.

Jâne COURT

Seul le silence
de Roger-Jon Ellory

Sonatine éditions - 2008 -

Joseph Vaughan a 12 ans quand son père meurt ; il est élevé par sa mère dans une petite ville de Géorgie. Sa vie paisible bascule lorsqu'une petite fille est sauvagement assassinée. Les meurtres se multiplient.
Un roman d'une grande richesse au long souffle (un peu long à mon goût). L'écriture est magnifique. Le personnage principal est attachant, avec sa détermination, ses obsessions, ses moments de découragement, hanté par les notions de responsabilité et de culpabilité.
Suspens garanti : on ne connaît le nom du meurtrier que dans les toutes dernières pages, mais j'ai été un peu déçue par le dénouement peu explicatif. Très belle réussite cependant que ce roman.

Jâne COURT