Printemps nippon pour le groupe de lecture
Le Japon et les catastrophes
Sur un planisphère, l’archipel nippon a des allures de vieux dragon endormi, il regarde vers l’est, indifférent au monde. Mais l’animal n’est pas aussi calme qu’il y parait. Combien de soubresauts, de contorsion ont réveillé la bête ? Rien qu’au siècle dernier, le pays a été dévasté par le tremblement de terre de Kantô en 1923, celui de Kobe en 1995. Il a été ravagé par la guerre et les bombes atomiques larguées sur Hiroshima et Nagasaki, le 6 et 9 août 1945. En 2011 un terrible séisme a frappé la région de Tôhoku, il fut suivi d’un tsunami provoquant l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima. Les catastrophes successives ont blessé durablement la Terre et les hommes.
Comment se relever ? Comment vivre après le désastre ? Comment exister avec ce sentiment d’impermanence ?
Au Japon, les écrivains se sont emparés de ces catastrophes, ils ont raconté, disséqué. Ils ont écrit l’apocalypse, la résignation, l’amertume. Ils ont écrit sur la vie afin de rester debout.
« Le Japon est un pays doté de la beauté de saisons, que la nature lui fait en quelque sorte payer par certaines cruautés : typhons, sécheresse, séismes, raz de marée. Il n’est pas exagéré de dire qu’il ne doit se trouver personne au japon qui n’ait été une fois dans sa vie confronté à la brutalité de la nature, car le pays n’ a pas cessé d’être victime de catastrophes naturelles de toutes sortes…
 
… J’ai toujours cherché à écrire la valeur inestimable de la vie. Assurément, ce thème restera le même. Simplement, le dernier tremblement de terre a renforcé mon sentiment de l’impermanence, dont l’intensité a décuplé, centuplé, et mon travail en tant que romancière va en porter la marque ineffaçable. »
Hiromi Kawakami, le 25 mars 2011
Depuis 2011, c’est toute une génération d’écrivains qui s’interroge. La triple catastrophe a sidéré les japonais. Tout a remonté à la surface, le souvenir des bombes, la menace invisible, les craintes, l’horreur, la perspective d’une fin du monde.
Dans pareil contexte, quelles expressions
la littérature peut-elle trouver ?
Comment rendre hommage aux morts ?
L’écrivain a besoin d’écrire, besoin de témoigner, de tendre un miroir à ses contemporains, de transcender de manière symbolique une réalité complexe et douloureuse, de soupirer, de pleurer, de méditer, d’espérer au travers la poésie.
Après la sidération et la paralysie vient sans doute l’urgence d’écrire et pour les lecteurs le besoin de comprendre.
Puissent ces livres nous mettre sur le chemin…
Babeth Cultien

Le poids des secrets de Aki Shimazaki
en 5 petits volumes :
Tsubaki, Hamaguri, Tsubame, Wasurenagusa, Hotaru
Un album :



de
Yukio Tsuchiya et bruce Roberts
La sélection du printemps 2014 a donc mis en lumière la littérature japonaise. Le comité lecture s’est retrouvé 2 fois pour échanger et partager autour de la sélection.

Devant le succès de l’opération un groupe de lecture s’est constitué à Vorey et c’est dans la maison reconstruite de Christian Lafond que nous nous sommes tous retrouvés fin juin pour comparer nos points de vue et comme toujours partager un excellent repas.